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Ghana : La Caravane Ouest-Africaine au chevet d’un littoral en détresse

D’Accra aux côtes menacées de Keta Sud, la 5ᵉ édition de la Caravane poursuit son itinéraire vers le Togo et le Bénin pour porter la voix des victimes du changement climatique. Poursuivant sa traversée de l’Afrique de l’Ouest vers le Forum Social Mondial (FSM) de Cotonou 2026, la 5ᵉ édition de (…)

D’Accra aux côtes menacées de Keta Sud, la 5ᵉ édition de la Caravane poursuit son itinéraire vers le Togo et le Bénin pour porter la voix des victimes du changement climatique.
Poursuivant sa traversée de l’Afrique de l’Ouest vers le Forum Social Mondial (FSM) de Cotonou 2026, la 5ᵉ édition de la Caravane Ouest-Africaine a franchi une étape charnière sur le littoral ghanéen. Après avoir quitté la capitale, Accra, le convoi a mis le cap à l’est vers la municipalité de Keta Sud, pour marquer une escale stratégique à Agavedzi, un village de pêcheurs pris en étau entre l’océan Atlantique et le fleuve.
Face aux ravages de l’érosion côtière et à la montée des eaux, cette escale a permis d’apporter une solidarité concrète aux populations locales et de formaliser un plaidoyer axé sur la justice climatique.

Une communauté côtière étranglée par l’océan

À Agavedzi, la crise environnementale n’est pas une menace future, mais une réalité dramatique du quotidien. Depuis les grandes marées dévastatrices de 2015, l’avancée de la mer a profondément altéré le paysage et la vie socio-économique de la communauté.

Malgré les efforts d’aménagement entrepris par le gouvernement ghanéen via la pose d’enrochements de protection (Sea Defense Wall), les dégâts restent immenses. Plus de 2 000 habitations, ainsi que des sites sacrés et des cimetières traditionnels, ont été engloutis. Pour les pêcheurs locaux, l’activité est devenue un parcours du combattant : les débris de bâtiments immergés déchirent leurs filets et la baisse des stocks halieutiques les contraint à s’aventurer toujours plus loin en mer.

« Notre communauté vit un traumatisme permanent. Nous avons perdu nos maisons, nos terres et notre patrimoine. Quand nos pêcheurs vont en mer, les déchets et les débris sous-marins détruisent leur matériel. Nous avons un besoin urgent de soutien pour l’accès à l’eau potable et la sécurisation de nos espaces de vie », a témoigné Reymond Tetteh Commey, autorité locale et point focal de la plateforme CGLTE Ghana.

Mobilisation et propositions de résilience

Un panel d’échanges participatif a réuni caravaniers, délégués régionaux, pêcheurs et femmes transformatrices de poisson. Au cœur des débats : l’urgence d’une prise de conscience à la fois globale et locale.

Prenant la parole au nom de la Convergence Globale, Massa Koné, porte-parole de la CGLTE-AO, a rappelé la contradiction fondamentale de la crise climatique : « L’Afrique pollue peu, mais c’est elle qui subit le plus durement les conséquences de la destruction de l’environnement. La mer qui grignote les côtes d’Agavedzi est le symbole de cette injustice. Il ne s’agit plus de s’apitoyer sur notre sort, mais de nous unir au-delà des frontières pour exiger des réparations et bâtir nos propres solutions. »

Face à l’urgence, les acteurs de la société civile et les caravaniers ont formulé des pistes d’action concrètes pour freiner l’érosion : l’interdiction stricte de l’extraction de sable de mer, le reboisement de la bande côtière par des cocotiers et la restauration des mangroves le long des zones lagunaires.
Cap sur le Togo et le Bénin

Après cette immersion poignante au plus près des réalités d’Agavedzi, les membres de la Caravane ont repris la route au cours de la nuit pour le Togo.

En documentant les souffrances et les propositions des communautés d’Agavedzi, la Caravane Ouest-Africaine consolide son cahier de revendications. L’objectif demeure inchangé : faire entendre la voix des pêcheurs et des paysans lors du grand rendez-vous altermondialiste de Cotonou.